11.3.08

BATOPILAS


...de la neige aux palmiers…
…en moins de temps qu'il ne faut pour le dire… (lentement)


Plus on descend, plus ça se réchauffe et quand on arrive à Batopilas, on peut déjà remettre nos sandales. C'est qu'on passe de 2.500 à 495 mètres d'altitude.
Le radical changement de température est tout à fait bienvenu.


On nous avait prévenu que c'était un repère de "narcos" (dorénavant appelés "pompiers" pour éviter les représailles). Et on apprend bien vite qu'il y a eu, la nuit denière, une grosse descente de fédéraux (une 100taine aux dires de ceux qui nous en ont parlé)… Gros bordel, coups de feu, le village en est tout paniqué.
Comment dire…
Ils sont partout et nulle part
Présents et impalpables

On a préféré rencontrer des Tarahumara plutôt que des pompiers. Voilà tout.
Il règne quand même une certaine tension diffuse, surtout quand tu lis, à l'entrée du bar:

se prohibe el paso a personas armadas



Transports (3)

Puis, nous décidons d'aller au fond d'un des gouffres et nous prenons un "colectivo" jusqu'à Batopilas…

Vous prenez un mini-van pour 12 personnes et vous y mettez 22 personnes, chauffeur, enfants (du nouveau-né au garçonnet) et touristes compris (dont un pauvre Allemand assis sur son mini-banc pendant tout l'hallucinant voyage).

Nous sommes tous quatre entassés tout au fond..
- ah ouais, là d'où il sera impossible de s'extraire au moindre accident..
..les meilleures places pour observer le petit monde que l'on forme, le temps d'un trajet.

Notre voisin de devant a un sourire très sympathique, avec deux dents en or symétriquement placées et un tee-shirt qui dit:

el verdadero amor nunca passa de moda
JESÚS
(en forme de logo levi's)

Son tout petit garçon est exemple parfait de calme olympien, y compris quand la vision de certains gouffres, au détour d'un virage, nous arrache des exclamations, disons, nerveuses…!

Délicieuse pause pipi au milieu du grandiose paysage.
A part l'Allemande, on s'est toutes mises cul-nu, en file, derrière le premier virage qu'on a trouvé.
Y en a qui en profite pour vomir un peu et hop! on retourne faire les sardines dans la boîte en métal…

BARRANCA DEL COBRE

C'est à Divisadero que nous prenons conscience de l'importance des gouffres qui composent la Barranca del Cobre.
Vertigineux.

CREEL



A l'arrivée à Creel, on est assaillis par une bande d'ados, chacun d'entre eux voulant nous emmener vers l'hôtel le plus mieux de tout l'état…On en visite 2 avant de nous décider. Ce sera l'hôtel Plaza Margarita avec sa jolie cour intérieure, son petit déj/dîner compris et avec le chauffage dans les chambres.

Courte, mais belle balade jusqu'à la cascade de Cusararé, puis le lac Arareko, entre autres…


Nous voyons beaucoup de femmes Tarahumara (pour nous), Raramuri (pour eux-mêmes), mais pas d'hommes.
Les jupes sont bouffantes et les tissus souvent fleuris…



Nous finirons par rencontrer aussi des hommes tarahumara dont les habitudes vestimentaires me laissent pantoise…
Les hommes tarahumara portent une espèce de tunique claire serrée à la taille par une ceinture et finissant en pointe à la hauteur des genoux. Ils ont des sandales faites d'un entrelacement de cordons en cuir qui fixent une semelle (pneu), les jambes nues et certains quand même un anorak sur le dos.



Antonin Artaud les avait rencontré, lui, dans les années 30.

10.3.08

Transports (2)

Réveil à l'aube pour attraper le train qui va nous porter au beau milieu de la Sierra Tarahumara.
Le Ferrocaril Chihuahua al pacifico,
de son surnom Chepe, part da sa version luxe (+ rapide, + cher) à 6h00 et dans notre version populaire (- rapide, - cher) à 7h00.

Et il est beau notre chepe et il est lent à souhait (250 km en 6 heures) et on peut mater le paysage depuis les plateformes entre les wagons et puis on pousse des cris débiles dans les tunnels et on se gèle les oreilles et on est bien!

Chihuahua

Voler avec Interjet, ça veut dire: des billets à 15 euros, un avion tout beau, tout neuf, tout propre.
Et puis, ça veut dire suivre le décollage et l'attérissage depuis nos petits écrans, en cabine.
Ça, c'est la qualité Interjet. A bas Iberia.

A Chihuahua, ce qui frappe tout de suite, c'est que les gens ont tous la taille basketteur. Mais la comparaison s'arrête là parce que la mode vestimentaire est décidément à la "ranchero": chapeaux de cowboy sur toutes les têtes et bottes à tous les pieds, sans éperon toutefois…
Ça dépayse.

Mais, triste dépaysement que cet autre détail typique:

les affichettes collées un peu partout en ville dénonçant les disparitions de nombreuses jeunes femmes…
un phénomène pour le moins préoccupant.


L'église a l'air belle, mais c'est à peine si on réussit à la visiter tant les messes se succèdent à un rythme effréné!

Puis, courte balade dans le centre qui se vide de manière inquiétante à mesure que nous déambulons:
c'est pile le jour du Superbowl, aux E.U.
Les magasins ferment, la vie s'arrête.
Pas grand chose d'autre à faire que de rentrer à l'hôtel. Nous attrapons 2 bières et nous allons nous affaler devant les 10.000 (au moins!) chaînes de télé. Zapping frénétique en évitant soigneusement le superbowl…

6.3.08

omniprésence

Avant de "partir" pour le Nord, je refais un point sur le catholicisme exacerbé des Mexicains…

Ces espèces de micro sanctuaires sont partout présents.
Souvent très colorés et décorés, c'est une constante attraction pour l'œil.

Exemples:

1) joliment coloré et construit en dur:


2) dans une version minimaliste, mais fleurie:


3) et on trouve absolument partout: sur une route accidentée à 2000m d'altitude, par exemple…


etc. etc.


Quant aux statues dans les églises, elles sont rudement expressives, dotées comme elles sont de perruques et de vêtements…

quand elles ne sont pas franchement macabres avec du sang partout…